Ces kilos que l’on aimerait tant éliminer

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Ces Kilos que l’on aimerait tant éliminer

Tout le monde sait que si l’on mange plus de calories que l’on en brûle, on grossit. Ce qui est moins connu, c’est qu’il est possible de perdre des kilos tout en mangeant plus… mais moins calorique et plus nutritif. Et en prenant un complément qui va faire pencher la balance du bon côté.

Faites le test pendant une semaine. Remplacez les calories vides de votre alimentation par des aliments à forte valeur nutritive. Vous constaterez que vous pouvez manger plus tout en diminuant votre tour de taille. Pourquoi diminuer son tour de taille ? Parce que c’est dans notre tour de taille que nous développons la plupart des maladies mortelles. Donc plus on le fait fondre, mieux on se porte : idéalement moins de 80 cm pour les femmes et 94 cm pour les hommes, mesuré debout, 2 cm sous le nombril.

Qu’appelle-t-on calories vides ? Ce sont celles qui proviennent d’une alimentation composée de sucres ou d’aliments qui se transforment en sucre par la digestion. Le pain, les toasts et la confiture du matin sont un exemple parfait de calories vides. Non seulement ces aliments n’ont aucune valeur nutritive, mais ils vont générer une élévation très délétère du taux de sucre dans le sang et favoriser la survenue de nombreuses maladies.

Choisissez plutôt le petit déjeuner qui fait perdre du poids et qui est très nutritif. C’est une combinaison de 30 g de graines de lin moulues avec du lait d’amande non sucré, auxquels on ajoute une ou deux gouttes d’huile essentielle de menthe, des amandes entières, des fruits (pomme, banane, kiwi), des baies (myrtilles, framboises, mûres) et des cranberries (canneberges), bien sûr bio. Sans oublier le thé vert certifié sans pesticides ni métaux lourds, pour brûler les graisses.

Ce petit déjeuner protège du cancer du sein et de la prostate et accélère le transit intestinal, ce qui est excellent pour lutter contre la constipation et éliminer les toxines. Qu’en est-il des autres repas pendant cette semaine test ? Remplacez les boissons sucrées, y compris les jus de fruits par du thé vert ou de l’eau. Supprimez le pain, les pâtes et les pommes de terre et augmentez significativement vos portions de légumes (jusqu’à 8 ou 10 différents par jour), y compris dans la salade que vous pouvez rendre fortement anti-cancer en choisissant les légumes recommandés dans la vidéo suivante : https://nutritionfacts.org/video/1-anticancer-vegetable/

Pour cette semaine test, ne modifiez pas votre consommation de protéines. Mais si vous voulez aussi améliorer cet aspect, remplacez progressivement les protéines animales par des protéines végétales. Enfin, sachant que le tour de taille est lié à la flore intestinale, en prenant les probiotiques Lactobacillus rhamnosus et Lactobacillus gasseri (le matin à jeun), vous favoriserez encore plus votre perte de poids.

A la Pharmacie du Centre, nous vous aidons à prendre soin de votre santé.

10 moyens simples pour ne pas prendre du poids pendant les fêtes

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10 moyens simples pour ne pas prendre du poids pendant les fêtes

Le stress naturel de la fin de l’année, lié à un horaire surchargé et accompagné de nombreux repas au restaurant et chez des amis, se traduisent souvent par une augmentation significative de notre poids et de notre tour de taille. Heureusement il y a quelques moyens simples et efficaces pour limiter les dégâts et perdre en janvier les kilos accumulés en décembre !

Ci-dessous, 10 moyens à la portée de toutes et tous pour mieux gérer son alimentation pendant les fêtes :

  1. Boire un grand verre d’eau au lever et avant chaque repas car cela permet d’obtenir plus rapidement un sentiment de satiété.
  2. Prendre un petit-déjeuner plus important riche en fibres et en protéines afin d’éviter d’être affamé avant le repas suivant.
  3. Eviter les snacks des apéros et l’alcool à jeun qui ont un effet dévastateur sur le poids.
  4. Diminuer les calories vides contenues dans les sucres liquides des sodas et jus de fruits, car en plus de leur toxicité à long terme, les sucres ne sont pas rassasiants. Attendre le milieu du repas pour commencer à boire de l’alcool.
  5. Pratiquer l’alimentation en pleine conscience. Mâcher au moins 25 fois et se concentrer sur la texture, le goût, l’odeur et la couleur des aliments. Manger en prenant son temps.
  6. Eviter tous les plats préparés industriellement. Au restaurant, préférer les plats composés d’aliments simples et demander une double portion de légumes du jour.
  7. Prendre des portions plus petites et se servir dans des assiettes plus petites.
  8. Augmenter les protéines et diminuer les hydrates de carbone (pain, pâtes, pommes de terre, pizzas, gâteaux).
  9. Augmenter les fibres (fruits et légumes) au besoin prendre 1-2 cuillères à café de psyllium blond le soir dans un verre d’eau.
  10. Se peser chaque matin et planifier son alimentation en fonction de la tendance de la balance.

Les maladies liées à la flore intestinale

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Les maladies liées à la flore intestinale

La flore intestinale – le microbiote – contribue à nous maintenir en bonne santé. A condition toutefois que les différentes populations bactériennes qui la composent vivent en bon équilibre. Si cet ordonnancement est rompu, diverses maladies peuvent se développer. Quelques exemples.

Obésité

Il ne fait plus de doute aujourd’hui que les bactéries intestinales sont l’une des causes de l’obésité. Elles contribuent au stockage des graisses et influencent les dépenses d’énergie.

Diabète de type 2

Cette maladie étant associée à l’obésité, il n’est pas surprenant que le microbiote intervienne, indirectement, dans son développement. Après l’ingestion de repas riches en graisses, des substances contenues dans la paroi de certaines bactéries (les lipopolysaccharides ou LPS) passent dans le sang et déclenchent une réaction inflammatoire, une hyperglycémie et une résistance à l’insuline. Autant de facteurs qui favorisent le diabète de type 2.

Diabète de type 1

C’est sans doute parce qu’elle influence le fonctionnement du système immunitaire que la flore intestinale joue un rôle dans l’apparition du diabète de type 1, une maladie auto-immune, (due à un dérèglement des défenses naturelles). Signe qu’en la matière, le microbiote a un effet protecteur, des expériences ont montré que des souris non obèses et aux défenses immunitaires affaiblies n’avaient pas de diabète de type 1, mais qu’elles développaient plus facilement la maladie lorsqu’elles avaient été privées de leur flore intestinale.

Maladies inflammatoires chroniques intestinales

La flore intestinale protège contre ces maladies. Preuve en est que des enfants exposés très jeunes à des antibiotiques (qui détruisent certaines des bactéries du microbiote) ont plus de risques de développer la maladie de Crohn (inflammation qui peut concerner tout le tube digestif). Quant à la colite ulcéreuse (qui atteint le sternum et parfois le colon), elle semble liée au déséquilibre du microbiote.

Cancer du côlon

Longtemps suspecté, le lien entre la flore intestinale et le cancer du côlon se confirme aujourd’hui. On a en effet constaté que les antibiotiques modifient la composition du microbiote, mais qu’ils affectent aussi l’expression de gènes qui favorisent la prolifération des cellules tapissant l’intérieur du côlon.

Maladies du foie

Le foie étant le premier organe exposé aux substances produites par la flore intestinale, il n’est pas étonnant que le microbiote soit impliqué dans certaines pathologies hépatiques. Il a été notamment mis en cause dans le développement de la stéatose hépatique non alcoolique,  une maladie qui se manifeste lorsque le foie contient trop de graisse et qui affecte notamment les personnes obèses.

Les vertus des probiotiques

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Les vertus des probiotiques

Ces micro-organismes sont des bactéries vivantes, présentes naturellement dans les produits fermentés (lait, yaourts, choucroute). Elles peuvent aussi être soigneusement sélectionnées, puis ajoutées dans l’alimentation en fonction de leur vertu pour notre santé.
Tous les micro-organismes ne sont pas pour autant des probiotiques. Pour mériter ce «label», il faut qu’ils aient fait la preuve de leur apport bénéfique pour la santé, qu’ils soient en concentration suffisante et qu’ils survivent à l’acidité de l’estomac pour pouvoir agir dans l’intestin.

A quoi servent les probiotiques?

Metchnikoff, Prix Nobel en 1908, a découvert que l’intérêt nutritionnel des yaourts résultait en grande partie de la présence de bactéries lactiques, ce terme ne signifiant pas qu’elles sont présentes dans le lait, mais qu’elles synthétisent de l’acide lactique. Depuis sa découverte, un grand nombre d’études ont montré les innombrables vertus de certaines souches de ces bactéries: amélioration de la digestibilité des protéines et du lactose, de la biodisponibilité des minéraux et participation à la synthèse de certaines vitamines, en particulier la vitamine B et la vitamine K.

Pour l’heure, on peut affirmer que certaines souches de probiotiques ont une action de régulation sur le transit intestinal et peuvent donc se révéler utiles, aussi bien en cas de diarrhée que de constipation. D’autres sont efficaces contre les allergies ou agissent contre les gastro-entérites. D’autres, enfin, permettent de diminuer les récidives inflammatoires dans la maladie de Crohn, inflammation chronique de la partie terminale de l’intestin grêle et souvent du colon. Par ailleurs, de plus en plus d’études confirment une amélioration du système immunitaire, dans le sens d’une augmentation de la résistance aux maladies immunitaires, grâce à l’absorption orale de probiotiques. Enfin, d’autres bénéfices sont pour l’instant à l’étude, notamment ceux du lactobacille contre l’eczéma atopique ou dans certains types de cancers.

Mais les probiotiques sont un sujet complexe. Ils n’ont pas encore révélé tous leurs secrets aux microbiologistes. On ne peut donc pas extrapoler l’action d’un probiotique à tous les probiotiques. Une meilleure connaissance de l’action des différentes souches permettra une sélection plus spécifique en fonction des différentes pathologies.

A quel niveau agissent-ils?

Pour bien comprendre leur rôle, il faut faire un petit détour par nos intestins, puisque c’est à leur niveau que tout se joue. Notre tube digestif héberge en effet plusieurs centaines de milliards de bactéries, de 600 espèces différentes, qui composent la flore intestinale. Par la sécrétion d’enzymes, elles facilitent la digestion, mais elles ont aussi un rôle clé dans le système de défense de l’organisme contre les agressions extérieures.

Cette foule de micro-organismes est fermement ancrée dans les plis et les replis de nos intestins. Lorsque tout va bien, c’est-à-dire lorsque la flore est équilibrée, elle ne laisse aucune chance aux bactéries qui arrivent par l’alimentation de s’installer et de proliférer. En outre, elle synthétise des substances capables de stimuler tout le système immunitaire. La flore intestinale est donc garante du bon fonctionnement de l’intestin et tient une place privilégiée dans le maintien de la santé.

Mais, si rien ne peut la faire disparaître, la flore intestinale peut en revanche être déséquilibrée par la prise d’antibiotiques, par une mauvaise alimentation, par le stress, des vaccins, des déficits immunitaires ou des maladies métaboliques. Ce déséquilibre de l’écosystème intestinal va alors entraîner une perturbation de la tolérance à un ou plusieurs aliments, ainsi que l’installation d’une inflammation digestive.

Une flore intestinale déséquilibrée peut avoir plusieurs conséquences: locales, par exemple des ballonnements, des flatulences, des douleurs, des irrégularités du transit. Mais les retombées peuvent aussi prendre la forme de symptômes au niveau de la peau, des muqueuses ou des articulations. A ces symptômes physiques, on peut également ajouter des symptômes psychiques.
En rééquilibrant de manière simple et efficace la flore intestinale, les probiotiques jouent donc un rôle important dans le maintien de la santé.

Où les trouve-t-on?

Les yaourts, ou tout autre produit fermenté, sont la source première de probiotiques. Depuis quelques années, certains yaourts contiennent en plus plusieurs souches de bactéries, sélectionnées en fonction de leur action. On les trouve aussi sous forme de compléments alimentaires, de poudres à diluer dans un verre d’eau ou de gélules.

A qui sont-ils destinés?

Tout le monde peut bénéficier de leurs vertus. Les bébés, notamment, sont parmi les grands bénéficiaires des probiotiques. Plusieurs études ont démontré que l’ajout de certains d’entre eux dans le lait pour nourrisson permettait de limiter les risques de diarrhée. D’autres études ont démontré que certaines de ces bactéries amélioraient la réaction immunitaire et permettaient donc une meilleure réponse aux vaccins.

Les probiotiques sont-ils la panacée?

Très intéressants sur le plan nutritionnel, les probiotiques ne suffisent pas à eux seuls à assurer une bonne santé. Ainsi, d’une part, ils ne remplacent pas les traitements habituellement utilisés pour tel ou tel trouble intestinal et, d’autre part, il est inutile de faire une cure intensive de yaourts si le reste de l’alimentation est déséquilibré! La règle d’or pour conserver une bonne santé reste donc de manger varié, équilibré, et de pratiquer un exercice physique.

Les probiotiques sont-ils des médicaments?
Selon la législation, si aucune allégation thérapeutique n’est faite sur l’emballage, ils sont considérés comme des compléments alimentaires, au même titre que les vitamines ou les oligoéléments. S’ils sont commercialisés pour le traitement de la diarrhée, par exemple, ils devront être enregistrés comme médicaments.
En pratique, le même probiotique peut être utilisé pour son action préventive, comme son action stimulante du système immunitaire, ou pour son action curative.

Les prendre sans avis médical, cela représente-t-il un danger?
Sous forme de compléments alimentaires, ils sont en vente libre, car ils n’ont pas d’effets secondaires. L’automédication, quels que soient les produits utilisés, représente cependant toujours le même danger: l’absence de diagnostic précis.
Prendre des probiotiques lors d’une diarrhée ne représente aucun danger à condition de consulter si le symptôme perdure. Dans certains cas, le dosage, qui peut être différent selon les indications, nécessite également l’aide d’un professionnel de la santé afin d’obtenir de meilleurs résultats.

Quelles sont les situations les plus courantes pour lesquelles vous recommandez des probiotiques?
Outre tous les symptômes digestifs (constipation, diarrhée, ballonnements, flatulence), je les recommande lors d’infections à répétition. Ils sont particulièrement utiles chez les femmes souffrant de cystites ou d’infections vaginales fréquentes.
Les allergies et les intolérances alimentaires sont des domaines où l’équilibre de la flore intestinale est bien entendu très important. Enfin, il ne faut pas oublier les sportifs qui ont, pour diverses raisons, une flore particulièrement fragile.

Est-il utile de les prendre de manière préventive, en même temps qu’un traitement aux antibiotiques?
Oui, mais il serait encore mieux d’en prendre avant. En effet, comme déjà dit, une flore intestinale équilibrée diminue le risque de développer une infection. Pour se protéger, il est donc utile d’avoir, en tout temps, la meilleure flore intestinale possible.
Il faut donc prendre des probiotiques chaque fois que l’équilibre de la flore est mis en danger. La prise d’antibiotiques est l’une de ces situations, une modification des habitudes alimentaires lors d’un voyage, surtout si celui-ci a lieu dans des conditions sanitaires précaires, en est une autre.

Obésité et diabète, la nouvelle épidémie

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Obésité et diabète

Obésité et diabète, la nouvelle épidémie

Où que ce soit dans le monde, l’alimentation influence la santé. Selon l’OMS, d’un côté, 13% de la population mondiale souffre de sous-alimentation; de l’autre, des maladies telles que l’obésité et le diabète prennent la forme d’une épidémie qui touche la planète au Nord et au Sud. Ainsi, 30% des Américains sont obèses et 65% ont une surcharge pondérale. En Suisse, un tiers des enfants et des adolescents souffrent d’un excès de poids. Quant au diabète, l’OMS estimait à 30 millions le nombre de diabétiques dans le monde en 1985, à 135 millions en 1995 et à 177 millions en 2000. Les prévisions ne sont guère optimistes, puisqu’on s’attend à en dénombrer 300 millions d’ici 2025.

Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut se rappeler que notre alimentation, qui est en évolution permanente, a énormément changé en quelques décennies. Depuis plus de trente ans, des milliers de produits ont été mis sur le marché, dont les trois quarts par le biais de l’industrie agroalimentaire. A travers le processus de l’industrialisation, on assiste à la fois à l’uniformisation et à la standardisation de l’alimentation. Résultat: on mange les mêmes produits sur toute la planète.

Mal manger n’est pas seulement une question d’alimentation, mais aussi une façon de produire. Dans les années 70, la «révolution verte» a entraîné le remplacement de milliers de semences traditionnelles par quelques semences à haut rendement. Progressivement, un système où la production des denrées s’organise à l’échelle régionale, nationale et même mondiale a été instauré.

L’agriculture d’aujourd’hui est une industrie hyperproductrice. Mais cette méthode de culture érode le sol: chaque année, 5 à 6 millions d’hectares de culture dans le monde sont abandonnés, parce qu’ils ont été trop ou mal exploités. Parallèlement, l’élevage, la culture et la pêche sont pratiqués sur un mode toujours plus intensif, surexploitant les ressources, avec les dérives que l’on connaît: poulet à la dioxine, vache folle, poissons truffés de métaux lourds pour ne citer qu’elles.

Toutes ces modifications apportées à notre alimentation permettent de meilleurs rendements, mais entraînent aussi une uniformisation des produits et l’appauvrissement du patrimoine génétique. En diminuant l’éventail des espèces cultivées, les méthodes de culture dominantes mettent en danger 60% des espèces végétales d’Europe. Chaque jour, selon l’UE, une centaine d’espèces disparaît à cause de l’érosion des sols et des méthodes de culture industrielles. Or, ces espèces sont le résultat d’un énorme travail de sélection, au cours des siècles, de milliers de variétés locales de plantes et d’animaux qui ont enrichi le capital génétique de la planète.

Les exemples pour illustrer la menace que font planer la course au rendement, les monocultures intensives ou l’uniformisation du cheptel sur cette richesse ne manquent pas. Dans la préhistoire, l’être humain avait à sa disposition environ 400 plantes pour se nourrir. Il en existe 30 000 à l’heure actuelle que l’on puisse manger, mais 29 espèces seulement fournissent les 90% des denrées alimentaires. A eux seuls, le blé, le riz et le soja représentent 75% de l’apport en céréales du monde. Autre exemple: les pommes. Il en existait près de 1000 variétés au début du siècle, alors qu’il n’en reste que quelques dizaines aujourd’hui, et 80% des cultures sont colonisés par la golden.
En Grèce, 95% des variétés de blés cultivées avant la Seconde Guerre mondiale n’existent plus. Il en va de même avec le riz: une seule variété colonise les deux tiers des rizières en Asie du Sud-Est, tandis que plus de 100 000 variétés ont été recensées par l’International Rice Research Institut aux Philippines. Et on pourrait multiplier ainsi les exemples presque à l’infini

Des cultures plus vulnérables

Autre conséquence de l’uniformisation: les variétés sélectionnées pour leur rendement sont très proches les unes des autres. Ainsi, les agriculteurs du monde entier ont opté pour des blés d’origine mexicaine à haut rendement, mais les vastes surfaces plantées de génotypes similaires ou identiques ont rendu ces cultures plus vulnérables aux épidémies ou aux conditions atmosphériques.

La culture à grande échelle de plantes génétiquement uniformes fait donc courir le risque de tout perdre lors d’une sécheresse ou d’une attaque de virus, a des effets sur la qualité de l’offre et marque le recul des traditions agricoles locales.

La mondialisation, c’est donc la disponibilité de plus en plus grande de denrées de plus en plus semblables. Ce phénomène qui a changé nos comportements alimentaires a été favorisé par la modification de nos rythmes de vie, par nos emplois du temps surchargés et par la perte de certains repères, tels que manger assis à une table, en famille ou entre amis.

Quelques indicateurs permettent d’espérer que le phénomène n’est pas inéluctable. Et c’est tant mieux. L’alimentation n’est pas un produit comme les autres. Elle est intimement liée à notre identité culturelle. C’est l’un des éléments fondamentaux d’un patrimoine national, régional ou local. Raison pour laquelle les plus ardents défenseurs du goût et des saveurs n’hésitent pas à comparer l’uniformisation de l’alimentation à un génocide culturel.

Résister à l’uniformisation

Contrairement aux Etats-Unis, l’Union européenne défend la multiplication des appellations d’origine, les labels de qualité ou l’indication de la provenance géographique des produits. Privilégier le terroir permet en effet une plus grande diversité génétique et valorise les variétés locales. Les produits du terroir sont chargés de valeurs du cru (telles que le sol, l’ensoleillement et la pluie), mais aussi d’un savoir-faire et de la mémoire du lieu. Ce sont des aliments chargés d’histoire. Dans plusieurs pays européens, comme la France, l’Italie, l’Espagne, mais aussi la Suisse, on peut assister à un réel essor de ces produits authentiques, preuve que ces pays ont su conserver les conditions objectives et la charge affective, culturelle et sociale du terroir.

La biodiversité est une autre réponse à la mondialisation. Elle englobe l’ensemble des espèces animales et végétales qui vivent dans un écosystème, la multiplicité des milieux naturels qu’offre un paysage et la diversité génétique à l’intérieur d’une espèce. L’être humain en est totalement tributaire puisqu’il y puise sa nourriture, les substances actives des médicaments, des matières premières pour les vêtements ou d’autres produits.

Malgré soixante ans de laminage, la biodiversité survit encore dans les campagnes où les paysans s’attachent à sauver des variétés en produisant leur propre semence. Ce geste, qui était naturel et normal il y a moins d’un siècle, est l’objet aujourd’hui d’un combat; en France, par exemple, où la loi entrave de plus en plus cette pratique. Or, la semence, c’est le premier maillon de la chaîne alimentaire. A l’autre bout, il y a notre liberté de choisir notre nourriture.

La biodiversité survit aussi en Afrique, en Asie ou en Amérique latine, où depuis la nuit des temps, les paysans qui en ont les moyens continuent à cultiver une diversité de végétaux et à élever des variétés différentes d’animaux, pour leur usage personnel mais aussi pour se prémunir contre des risques de maladies ou la sécheresse.

En Suisse, la biodiversité a chuté à partir des années 40 avec la modernisation de l’agriculture et la course aux rendements. Depuis les années 90, le changement de politique agricole et un plan national pour la diversité agricole contribuent à inverser cette tendance; toutefois, un énorme travail reste à faire. Selon le Forum Biodiversité Suisse et Pro Natura, le nombre d’espèces menacées ne cesse d’augmenter. Au cours des cinquante dernières années, 67 espèces animales et végétales ont disparu dans notre pays, soit 26 espèces de plus que durant les cinquante années précédentes. Le danger, à terme, c’est de se retrouver avec deux catégories d’espèces animales et végétales. D’une part, un petit nombre d’espèces très répandues, de l’autre quelques espèces qui survivront sur des espaces restreints.

Il existe un troisième groupe, celui des disparus.
Autre moyen pour inverser la tendance: le développement de solutions telles que
l’agriculture bio, qui respecte les équilibres écologiques et l’autonomie des agriculteurs. Elle est pratiquée dans une centaine de pays, dont l’Australie, qui peut se vanter d’avoir la plus grosse surface agricole bio. En Suisse, 10% environ des exploitations sont bio, mais 4% seulement en Suisse romande.

Toutes ces filières spécialisées sont actuellement plus chères que la production de masse. Il faut donc aussi tenir compte de l’aspect financier, puisqu’une bonne calorie coûte malheureusement plus cher qu’une mauvaise. Les plus fragiles économiquement n’ont donc pas d’autres choix que d’acheter les produits les moins chers et les moins sûrs. L’accès à une alimentation saine, variée et savoureuse est plus difficile pour les plus fragiles économiquement.

Si nous fournissons à notre corps des matières premières de qualité médiocre et que nous mangeons toujours les mêmes aliments, nous pouvons nous attendre à ce que notre santé s’en ressente et que nous souffrions de carences. C’est ce que vivent un nombre toujours croissant de personnes. A contrario, «on peut faire de notre alimentation notre première médecine», comme le préconisait déjà Hippocrate, le père de la médecine, quatre siècles avant notre ère.

En variant les apports d’éléments vitaux, en puisant dans l’incroyable diversité des aliments existants, nous augmentons notre bien-être, maintenons un poids corporel sain et nous protégeons d’un certain nombre de maladies chroniques. Parce que, quel que soient les progrès de la médecine, il est, et il sera, toujours plus simple de prévenir la maladie que de la guérir.