Bilan nutritionnel antiradicalaire

Pharmacie du Centre

Bilan Nutritionnel

Sésame pour une prévention active

 

Nous sommes ce que nous mangeons, et notre alimentation est une médecine… Deux affirmations que personne ne conteste aujourd’hui mais, pour autant, la quantité et la qualité de ce que nous trouvons dans notre assiette ne ­garantit pas toujours une bonne santé.

Le conseil nutritionnel, c’est-à-dire les principes généraux du « bien s’alimenter », a beaucoup évolué ces dernières années. Là où les régimes imposaient des frustrations catastrophiques, et les discours des médecins  beaucoup de culpabilité chez leurs patients, trônent aujourd’hui les couleurs plus avenantes des 5 portions de fruits et de légumes, la cuisson au wok et le plaisir de se mettre à table. On ne parle plus de régimes mais de programmes nutritionnels…

Curieusement, ces programmes s’harmonisent et, quel que soit le contexte (sur­poids, maladie cardiovasculaire, pré­­­pa­ra­­tion à la grossesse, prévention du vieillissement…), se focalisent sur un qua­tuor fondamental : les calories den­ses, c’est-à-dire riches en micronutriments, les graisses insaturées, les index glycémiques bas (autrefois appelés sucres lents…) et les incontournables antioxy­­dants.

Ainsi, en suivant les grandes lignes de ces préconisations très simples, on peut sans trop se tromper prétendre à une meilleure santé et à un vieillissement réussi. Mais nul n’est prophète en son pays. Sans tenir compte des aléas de la qualité et de la composition des aliments que nous proposent l’agriculture intensive et l’industrie alimentaire, il n’est pas toujours facile de savoir exactement ce qu’apporte notre ration alimentaire quotidienne en zinc, sélénium et vitamines en tous genres.

Quand les directives officielles nous conseillent 5 portions de fruits et légu­mes par jour, cela ne signifie pas non plus qu’il faille se transformer en comptable de l’excellence nutritionnelle.

De plus, nos besoins varient considérablement d’un jour à l’autre et surtout varient au rythme des événements heureux comme malheureux qui jalonnent nos quotidiens.

Un syndrome inflammatoire, une infection passagère, une intervention chirurgicale ou toute situation mobilisant nos défenses immunitaires vont augmenter la consommation de certaines vitamines ou oligo­éléments essentiels comme le zinc ou la vitamine C (les fumeurs, par exemple, consomment 20 à 30% de plus de vitamine C que les non-fumeurs…).

Les besoins de notre organisme en ­l’ensemble de ces nutriments sont donc plus importants, et si les réserves sont insuffisantes à ce moment précis, des déficits plus ou moins profonds apparaissent, que de simples conseils alimentaires ne peuvent couvrir.

Ces notions de déficits par « hyper­consom­mation » (en opposition aux déficits d’apports, qui correspondent à une alimentation non conforme aux préconisations officielles) trouvent leur exemplarité avec les antioxydants.

Une alimentation correcte est censée nous apporter l’ensemble des anti­oxydants dont nous avons besoin. Ceci est vrai lorsque tout va bien, autrement dit lorsque rien ne vient perturber un état de parfaite harmonie physique et psychique. Malheureusement, le moindre petit accroc, un pic de pollution, un tabagisme même passif, un surmenage passager, a fortiori une maladie aigüe et qui plus est chronique et inflammatoire, sont autant d’agressions qui vont consommer nos anti­oxydants.

Parmi ces nombreux facteurs, qui souvent s’ajoutent les uns aux autres, il en est un peu connu mais qui, paradoxalement, est l’un des plus agressifs : le stress psychosocial.

Maladie des temps modernes, le stress psychique, en particulier dès qu’il devient chronique, déprime l’ensemble de l’immunité, perturbe le métabolisme via une production excessive de cortisol, dérègle le système cardiovasculaire par une production excessive d’adrénaline, et oxyde les lipides des membranes cellulaires et les lipides circulant par une production excessive de radicaux libres.

Ces productions excessives de radicaux libres obligent notre organisme à élever ses niveaux de défenses antioxydantes. Dans un premier temps, les antioxydants facilement mobilisables comme les vitamines C et E, les caroténoïdes, les oligoéléments apportés par l’alimentation vont être utilisés et leurs taux sanguins vont baisser.
Sans parler de carence, ces situations aboutissent à des déficits plus ou moins profonds et durables de l’ensemble de ces nutriments. Ce sont ces déficits que l’on nomme : « déficits par hyperconsommation », alors que les apports alimentaires sont normaux.

Mauvaise alimentation, pollution chimi­que, maladies, stress pour ne citer que les principaux, s’associent comme une bande de malfaiteurs pour perturber des équilibres que l’on croit stables et altèrent gravement l’état de santé. Le respect même scrupuleux des bonnes recommandations (même s’il reste incontournable) ne suffit pas à garantir que tout va bien.

Comment savoir ?

Si les stratégies de prévention et de gestion de la santé passent souvent par des changements ou des ajustements des comportements (alimentaires, addictifs, activités physi­ques, gestion du stress…), un consensus apparaît pour qu’elles s’inscrivent à ­partir, autour et en fonction de bilans sanguins adaptés et sérieux.

Ces « bilans nutritionnels antiradicalaires », comme leur nom l’indique, explorent non seulement nos apports nutri­tion­nels, mais aussi l’étroite relation entre apports et besoins en fonction de notre réel état de santé.

Les normes nutritionnelles englobant systématiquement les apports en anti­oxydants, le diagnostic biologique doit lui aussi explorer des marqueurs de l’oxydation.

Lorsque les bilans nutritionnels classiques explorent l’état nutritionnel des patients, le bilan nutritionnel antiradicalaire explore, par ces nouveaux marqueurs du stress oxydatif, l’état de santé bien avant que la maladie ne s’exprime ; il permet alors des stratégies de prévention active, personnalisées et orientées sur la base d’un diagnostic sérieux.

Bilan de Marcel ; les explications

Le bilan nutritionnel antiradicalaire de Marcel est exemplaire. Il montre un score élevé de stress oxydatif (6.73 sur une échelle de 0 à 10). Plus de la moitié de ce score (54%) est lié à une production excessive de radicaux libres, témoin de facteurs d’agression.

Marcel pense pourtant qu’il se nourrit bien. Effectivement, son bilan nutritionnel est correct : sa vitamine C est élevée (il doit en prendre en supplément), ses 2 vitamines E sont normales, ainsi que le sélénium, le cuivre, le béta carotène et la vitamine A. Seul son taux de zinc est bas… D’ailleurs les anomalies nutritionnelles ne pèsent que pour 5% dans sa note de 6.73 !

L’essentiel est ailleurs, dans une production excessive de molécules toxiques radicalaires, comme le montre le taux élevé du glutathion oxydé (GSSG) et le taux bas des thiols. De plus, cette agression oxydative oxyde ses lipides (le taux de MDA et de T Bars élevés sont des marqueurs de l’oxydation des lipides).

Ainsi, malgré l’ensemble des bonnes dispositions prises par Marcel (alimentation, exercice physique), son bilan reste très perturbé, et les taux des MDA et des T Bars objectivent un risque cardiovasculaire élevé. Son bilan est caractéristique d’un stress psychosocial élevé : profil nutritionnel normal mais zinc bas, agression oxydative et oxydation des lipides…

Il faut encourager Marcel à continuer ce qu’il a entrepris, mais l’aider aussi à s’occuper de son agresseur principal : le stress. Combattre le stress, c’est avant tout mieux le connaître. Il est, par exem­ple, très important d’évaluer, d’une part, l’ensem­ble des facteurs stressants et, de l’autre, la capacité du patient à y faire face.

Un programme adapté pourra être proposé à Marcel pour l’aider à mieux gérer son stress. En attendant, et parallèlement, une supplémentation lui sera proposée en fonction des anomalies objectivées par son bilan. En plus du zinc, une supplémentation spécifique permettra de remonter les « thiols » et de corriger l’oxydation de ses lipides.

Les bilans nutritionnels antiradicalaires
Les bilans nutritionnels antiradicalaires explorent des marqueurs de l’équilibre nutritionnel et des marqueurs de l’oxydation.
Les marqueurs purement nutritionnels comportent les dosages des vitamines A, C et E (alpha et gamma tocophérols), et les oligoéléments essentiels : Sélénium, Cuivre et Zinc, ainsi que le béta carotène.
L’exploration de l’oxydation (ou stress oxydant), comprend des marqueurs de l’agression oxydative : glutathions réduit et oxydé, les  protéines thiols plasmatiques et l’acide urique, antioxydant naturel majeur de l’organisme, et des marqueurs de dégâts oxydatifs, corrélés à des risques plus élevés de maladies cardiovasculaires ou dégénératives, comme le taux des LDL oxydées.
L’ensemble de ces dosages donnant lieu à des scores d’interprétation du niveau de stress oxydant du patient.