Le burn-out, stade ultime du stress

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Le burn-out, stade ultime du stress

Faire un burn-out, c’est « péter un plomb » pour exprimer les choses simplement. Cela arrive en cas de surcharge de travail, et donc de stress. Le tour de la question avec Tiziana Nebuloni*, une ex-psychiatre reconvertie en coach.

 

Qu’est-ce qui distingue un burn-out d’une dépression ?
Le burn-out n’est pas une dépression, mais celle-ci peut intervenir dans la dernière phase du burn-out.

Quelle est son origine ?
Le burn-out est induit par une surcharge de travail et un stress chronique qui ne permettent plus au cerveau et au corps de récupérer. Cela concerne aussi bien des banquiers que des femmes au foyer. Or, la conséquence d’un stress chronique, c’est une baisse de performance. En réaction, on devient hyperactif, mais sans arriver à en faire plus. Voilà pour le premier stade. L’étape suivante, dite de dépersonnalisation, nous voit devenir amer et cynique. On se coupe de ses collègues qui ne nous reconnaissent plus. A la maison, on devient impatient, irritable. Le troisième stade, lui, ressemble à une dépression : on a brûlé toutes nos réserves. C’est comme un voltage resté trop haut, trop longtemps. On pète les plombs. Chez certains, cela va se manifester par un effondrement, chez d’autres par de l’agressivité. Lorsque la personne en est à ce stade, elle a besoin d’une prise en charge multidisciplinaire, formée d’un médecin et d’un coach.

En quoi consiste cette prise en charge ?
Après un burn-out, il faut se reconstruire. Chez RHivages*, nous avons élaboré une approche très structurée qui permet d’aller droit au but et de prendre du recul. Nous proposons une série de tests sur le stress qui permettent d’analyser tous les facteurs qui ont mené au burn-out, de quantifier ce stress ainsi que les ressources de la personne. A la suite de ce bilan, nous proposons des solutions concrètes de changement. Nous avons aussi des contacts avec l’employeur ( si les employés font appel à nous par son biais ) dans le but de créer une alliance entre l’employeur, l’employé et nous. La prise en charge couvre donc la période de burn-out et l’après. C’est un véritable accompagnement.

Faut-il continuer à travailler ou faire une coupure ?
Une coupure est nécessaire, mais, si possible, pas plus de trois semaines. Plus on attend, plus c’est difficile de revenir. A la honte d’avoir craqué s’ajoute la culpabilité d’avoir occasionné une surcharge de travail aux collègues. Un burn-out, c’est comme une chute de cheval. Après, il faut
remonter le plus vite possible et voir qu’on peut faire autrement grâce à l’alliance entre l’employeur, les collègues et le médecin.

Qu’en est-il de la prévention ?
Si les entreprises mettent à disposition des programmes de lutte contre le stress, il ne faut pas hésiter à y recourir. Plus on intervient tôt, plus on évite que la situation ne se péjore. On dispose aujourd’hui de bilans du stress qui permettent de savoir exactement où l’on en est et ce qu’on peut faire pour éviter de craquer.

Et si l’entreprise n’en propose pas ?
Il faut en parler autour de soi, à sa famille, à ses collègues, à son chef, si c’est possible, et s’adresser à un spécialiste.

Quelles sont les conséquences d’un burn-out non traité ?
Des conduites à risques, des dépendances diverses, le suicide.

Pourquoi les personnes hésitent-elles à se faire prendre en charge ?
Le burn-out, comme le fait de demander de l’aide, sont encore trop souvent perçus comme des signes de faiblesse. Contrairement aux idées reçues, les gens concernés sont consciencieux et performants. Le travail est l’essentiel de leur vie. Les tire-au-flanc sont rarement touchés…

Comment prévenir les rechutes ?
L’un des objectifs du coaching est de ne pas retomber dans le burn-out. Nous travaillons sur les warning en listant tous les petits signaux d’alarme qui doivent nous alerter ainsi que les ressources dont les personnes disposent ou qu’elles peuvent développer. En général, on en ressort donc plus solide qu’avant.

Un burn-out peut aussi entraîner des choix radicaux…
Cela nous amène en tout cas à faire le bilan de ce qu’on veut et de ce qu’on ne veut plus. Si la personne décide de quitter son emploi parce qu’elle ne se sent plus en adéquation avec son poste, nous lui offrons également la possibilité d’un suivi.

Baby-blues, le mal de mère

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Baby-blues, le mal de mère

On confond souvent le baby-blues et la dépression du post-partum. Or, si le premier est un état normal, transitoire, qui touche plus de la moitié des femmes qui viennent d’accoucher, la seconde nécessite de se faire aider rapidement.

Le baby-blues est un trouble de l’humeur passager qui survient dans les premiers jours après l’accouchement et affecte 50 à 80% des nouvelles mamans. Ce trouble de l’humeur est caractérisé par sa chronologie précise et sa brièveté. Les symptômes commencent généralement quatre jours après l’accouchement, s’aggravent entre le 5e et 7e jour et disparaissent vers le 12e jour. Si les symptômes durent plus de deux semaines, il est important de consulter un professionnel de la santé, car une femme sur cinq (20%) va développer une dépression majeure du post-partum à la suite d’un baby -blues.

Le baby-blues se caractérise par quatre symptômes principaux. La jeune maman présente des perturbations affectives avec une mélancolie anxieuse concernant la santé de son bébé ou la sienne et qui se caractérise par des crises de larmes. L’humeur est très changeante avec des hauts et des bas. La maman se sent triste. Elle peut aussi se sentir paniquée, dépassée par cette situation nouvelle, avoir peur de ne pas arriver à bien s’occuper de son bébé. Son caractère peut également être affecté, avec l’apparition d’une irritabilité ou d’agressivité. Enfin, elle évoque de la fatigue et, parfois, des douleurs abdominales, des palpitations, des étouffements, des céphalées, en partie générées par l’angoisse. Pendant cette période de baby-blues, la jeune maman ne se reconnaît pas dans ses mouvements d’humeur et ne trouve pas d’explications rationnelles à sa tristesse et à ses pleurs. Il lui arrive aussi d’éprouver de la honte : n’est-elle pas supposée être la plus heureuse des femmes ?

Une origine hormonale Ce trouble de l’humeur semble être la principale conséquence du grand changement hormonal qui suit l’accouchement et qui rend beaucoup plus sensible la maman au stress de l’accouchement et à la venue du bébé. Le pic des symptômes se produit entre le 4e et le 7e jour après l’accouchement, ce qui coïncide avec les changements hormonaux maximaux. Il s’agit notamment de la baisse brutale des concentrations de progestérone, œstradiol et cortisol et de l’augmentation de la concentration de la prolactine.
Comment prévenir le baby-blues ? Sachant que les premiers symptômes apparaissent deux ou trois jours après l’accouchement quand la jeune maman a quitté la maternité, il semble judicieux que les professionnels de la santé la sensibilisent et l’informent au préalable de la possibilité d’apparition de ces changements émotionnels. Comprendre que ce trouble de l’humeur passager est une conséquence physiologique normale permettra à la jeune maman de ne pas s’inquiéter et de ne pas culpabiliser à l’idée d’être une « mauvaise mère ».

Une dépression insuffisamment diagnostiquée La dépression du post-partum, quant à elle, survient en moyenne dans les six à huit semaines qui suivent l’accouchement et dure de trois à douze mois, parfois plus. Elle affecte 10 à 20% des femmes qui viennent de donner naissance à un enfant. Elle est donc fréquente, même si on n’en parle que très peu. Elle se manifeste par un état dépressif lourd et continu : absence d’énergie, fatigue, tristesse, irritabilité, sentiment d’abandon, angoisses, insomnies, difficulté voire impossibilité de s’occuper de soi et de son bébé. Elle peut avoir de graves répercussions sur les relations entre la maman et son bébé ainsi que sur le développement de l’enfant.
Les conséquences pour la mère et l’enfant soulignent l’importance du premier diagnostic et la mise en place de programmes de prévention et de traitement. Cependant, ces dépressions sont insuffisamment identifiées, diagnostiquées et traitées. L’une des raisons, c’est que la dépression du post-partum survient à un moment où la femme ne bénéficie plus de l’entourage médical qu’elle a eu avant et juste après la naissance. Il n’y a en général plus de rendez-vous prévu avec l’obstétricien et la sage-femme qui la suivaient au début et ne passent plus à la maison. Par ailleurs, les femmes ont tendance à attribuer leur état à toutes sortes de causes extérieures, comme la fatigue ou l’allaitement. Elles ne font pas forcément le lien avec leur accouchement, déjà « loin » derrière elles. Et, comme elles se sentent coupables d’être tristes, elles consultent tardivement.
Un certain nombre de facteurs de risques ont été identifiés : les femmes qui ont déjà fait une dépression présentent un risque important de récidive à ce moment charnière de leur existence. Vivre dans un milieu défavorisé, être isolée ou avoir des conflits de couple sont aussi des facteurs de risque. Enfin, les femmes qui ont été abandonnées ou maltraitées pendant l’enfance sont également plus vulnérables, puisque la naissance d’un bébé réactive tout le passé, y compris les conflits de l’enfance.

L’aromathérapie, un précieux soutien

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L’aromathérapie, un précieux soutien

L’aromathérapie permet de répondre de manière efficace à certains types de dépression et peut renforcer un traitement médicamenteux, mais elle ne remplace pas les médicaments. Il est vivement conseillé d’en parler à votre médecin.

ll y a 40 000 ans, les peuplades
aborigènes implantées sur le continent australien ont dû apprendre à s’adapter aux très dures conditions de vie de leur environnement. Ils y réussirent remarquablement, en particulier en développant une exceptionnelle connaissance de la flore indigène. Ainsi, ils utilisaient couramment les feuilles de Melaleuca alternifolia (arbre à thé), dont l’huile essentielle est d’une importance majeure dans l’arsenal aromathérapeutique moderne.
Aujourd’hui, cette huile essentielle est utilisée pour lutter contre la dépression nerveuse et les maladies virales, notamment sous la forme d’huile de massage.
Les huiles essentielles sont particulièrement puissantes : quelques gouttes suffisent pour agir au niveau de la santé. Elles peuvent être prescrites pour toute la famille, en étant cependant vigilant en ce qui concerne les enfants et les seniors. Les doses seront en général divisées au moins par deux. Il faut veiller à ce que la personne soit en bonne santé et qu’elle ne soit pas allergique aux huiles essentielles.

Les différents modes d’utilisation

Par voie orale : 3 à 4 gouttes sur un morceau de sucre ou une cuillère de miel.
Par voie cutanée : utilisées dans le cadre de massage, les huiles essentielles (jamais plus de trois) sont mélangées à des huiles végétales de sésame, de bourrache ou de rose musquée du Chili. Afin de limiter les risques, il est vivement conseillé d’utiliser 75 gouttes d’huile essentielle dans 50 ml d’huile végétale de sésame. Lors de pathologies plus lourdes, il est conseillé d’ajouter au moins 20 à 100 gouttes d’huile essentielle dans ce mélange. A appliquer sur le corps sauf sur le visage et les parties intimes trois semaines au moins, matin et soir. Par diffuseur : quelques gouttes.

Un élément important : le tempérament

Pour lutter contre la dépression, il existe plusieurs huiles essentielles réputées efficaces pour alléger la souffrance, la tristesse, les angoisses. Elles sont prescrites en tenant compte du tempérament de la personne.

Pour une personne dans la quarantaine, au tempérament bilieux, hyperactive, autoritaire, ambitieuse et qui a besoin de beaucoup d’exercices :

  • Leptospermum citratum particulièrement efficace contre les angoisses, la dépression nerveuse, l’agitation et les insomnies ;
  • verveine citronnée très utile contre certaines dépressions, le stress, les fatigues nerveuses ;
  • eucalyptus citronné calmant et sédatif.

Pour une personne au tempérament nerveux, maigre, froide, en manque d’énergie, vite fatiguée, sérieuse, pour qui le sentiment du devoir est fort, qui présente des idées fixes, une humeur sombre, se montre mélancolique, pessimiste, dépressive et angoissée:

  • bois de rose antibactérien, efficace contre le surmenage et la dépression chez les tempéraments nerveux ;
  • petit basilic antispasmodique puissant et calmant ;
  • Melaleuca alternifolia efficace contre la dépression nerveuse, l’épuisement général, l’énervement et les tremblements.

Pour une personne au tempérament
 sanguin, maigre, froide, en manque d’énergie, vite fatiguée, sérieuse, qui a un sentiment du devoir fort, présente des idées fixes, une humeur sombre, se montre mélancolique, pessimiste, dépressive et angoissée :

  • oranger bigaradier calmant, sédatif, très efficace contre l’anxiété, la nervosité ;
  • lavande vraie antispasmodique et décontractant puissant, utile contre les troubles du sommeil, les angoisses ;
  • zeste de mandarine utile contre les angoisses, l’excitation nerveuse, les insomnies, particulièrement relaxant.

Pour une personne au tempérament lymphatique, pas de vitalité, ni d’activité, obèse, molle, peau et mains humides, froide, muscles faibles, très passive, faible, paresseuse, indifférente, silencieuse, influençable, apathique :

  • zeste de bergamote calmant puissant, sédatif, efficace contre les insomnies, l’agitation ;
  • estragon très utile contre la spasmophilie, très efficace pour les problèmes antispasmodiques neuromusculaires ;
  • zeste de mandarine utile contre les angoisses, l’excitation nerveuse, les insomnies, particulièrement relaxant.

Des huiles, mais pas seulement

Parmi les autres huiles essentielles utilisées dans le cadre de dépressions, on peut également citer l’ylang-ylang, anxiolytique et antidépresseur, la fleur de jasmin, à utiliser en diffuseur ou dans le bain, ou la marjolaine des jardins, efficace contre l’anxiété, à appliquer sous forme de massage, sous la plante des pieds et sur le plexus solaire au moins trois fois par jour ou encore par voie orale, trois fois par jour sur une cuillère à café de miel.
Lors de grandes tristesses, on peut appliquer 5 à 6 gouttes d’huiles essentielles pures de lavande vraie, de zeste de mandarine et de bois de rose sous la plante des pieds et le plexus solaire, trois fois par jour durant cinq à dix jours.
Evidemment, nous vous conseillerons avant tout de consulter votre médecin traitant, de suivre une psychothérapie avec un thérapeute de qualité et avec lequel vous vous sentirez suffisamment en confiance pour apaiser votre souffrance et guérir.

Pour en savoir plus

www.plantes-bienetre.com

Micronutrition et phytothérapie

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Micronutrition et phytothérapie:

découvrez leurs bienfaits

Deux approches complémentaires à un suivi médical peuvent apporter des bénéfices aux personnes atteintes de dépression : la micronutrition et la phytothéraphie.

 

La micronutrition part du principe
que notre corps est capable de mieux résister et de mieux se réparer si les différents éléments nécessaires aux réactions biochimiques impliquées dans nos mécanismes de défense et de réparation sont présents et disponibles en quantité suffisante dans notre organisme. Un bon équilibre en micronutriments, tels qu’oligoéléments, vitamines et acides gras, permet une meilleure résistance aux différentes agressions, en particulier le stress mal géré.
Dans un premier temps, il sera donc important de déterminer les différents déséquilibres micronutritionnels par le biais d’un questionnaire de dépistage ou de bilans sanguin et urinaire.
Le rééquilibrage micronutritionnel pourra se faire en parallèle à un autre traitement, qu’il soit allopathique ou à base de plantes. Il permettra d’obtenir de meilleurs résultats, plus rapides et plus durables. La micronutrition permet également d’agir en amont de la maladie dans un but préventif. Des symptômes, tels que l’anxiété, les troubles du sommeil ou la fatigue peuvent être les signes avant-coureurs d’une dépression. Une prise en charge par la micronutrition permettra de diminuer rapidement les symptômes et de prévenir un épisode dépressif.

Les neurotransmetteurs Dans les maladies psychiques, la micronutrition cible plus particulièrement l’équilibre des trois principaux neurotransmetteurs agissant dans notre cerveau et nécessaires à une bonne santé psychique : la dopamine, qui est notre « starter », la noradrénaline, qui est notre accélérateur, et la sérotonine, qui est notre frein.
Une fois le neurotransmetteur déficient déterminé, il suffira d’apporter les précurseurs (nutriments servant à le fabriquer) correspondant pour augmenter sa synthèse. Certains compléments alimentaires sont spécialement conçus pour apporter les précurseurs nécessaires.
Dans les cas légers, ou à titre préventif, une adaptation alimentaire peut se révéler suffisante.
La synthèse des neurotransmetteurs nécessite également la présence de plusieurs vitamines, principalement du groupe B, d’oligoéléments comme le magnésium, le zinc et le sélénium. Le fer joue également un rôle très important. Sa carence fréquente chez les femmes est peut-être une des raisons qui expliquent un taux de dépression plus élevé. Ces carences peuvent être évitées avec une alimentation équilibrée (légumes, fruits, céréales complètes, foie de volaille, viande et poisson) ou avec des compléments alimentaires adaptés.

Le rôle des acides gras Le rapport en acides gras oméga 6 et oméga 3 est un autre facteur important. Notre cerveau est en effet en grande partie composé de graisses et contient une quantité importante d’acides gras polyinsaturés (oméga 3 ou oméga 6). Les oméga 3 jouent notamment un rôle très important pour le bon fonctionnement du système nerveux central.
Or, notre alimentation actuelle amène trop d’oméga 6, provenant d’huiles alimentaires (tournesol), mais aussi et surtout des aliments industriels qui abusent des farines de maïs et de soja. Il faudra donc consommer des huiles végétales riches en oméga 3 (huile de colza, de noix ou de cameline) et en oméga 9 (olive). Il faudra également consommer chaque semaine 400 g de poissons gras (sardines, maquereaux, harengs, saumon).
En fonction du résultat des analyses, des apports en oméga 3 (EPA et DHA) sont souvent recommandés. Il s’agit d’acides gras contenus dans les huiles de poisson qu’on retrouve sous forme de gélule. En cas de dépression, on apportera principalement de l’EPA. Le DHA a moins d’effet sur un état dépressif déclaré, mais joue un rôle préventif aussi important que l’EPA. Le DHA joue cependant un rôle très important dans la prévention et l’amélioration de la dépression du post-partum.
La complémentation en oméga 3 n’est pas incompatible avec un traitement aux antidépresseurs de synthèse. Des études ont même montré une amplification de leurs effets. Il est donc intéressant à tout point de vue de les associer.

Les vertus du millepertuis En phytothérapie, le millepertuis est le leader incontesté du traitement de la dépression. De nombreuses spécialités contenant cette plante sont actuellement commercialisées. En Allemagne, il s’agirait même de l’antidépresseur le plus vendu.
Une métaanalyse incluant 29 études a montré que le millepertuis était aussi efficace que les antidépresseurs chimiques dans les dépressions légères à modérées, avec des effets secondaires très rares et peu importants. L’efficacité de ce produit dépend cependant grandement du mode d’extraction, le but étant de pouvoir rassembler tous les composés actifs sous une forme bio disponible. D’autre part, même si les interactions du millepertuis avec d’autres médicaments ont été exagérées, elles n’en demeurent pas moins réelles, ce qui implique un suivi médical approprié.

A chaque symptôme, sa plante D’autres plantes sont également intéressantes dans le traitement de la dépression. D’origine africaine, le griffonia agit principalement sur le taux de sérotonine. Cette plante sera donc utile chez les personnes plutôt agitées, irritables, avec des compulsions alimentaires, plus  particulièrement pour les douceurs. Le mucuna, utilisé depuis très longtemps en médecine ayurvédique, agit principalement sur le taux de dopamine et sera davantage réservé aux personnes fatiguées, en particulier le matin, avec perte d’envie et de motivation.
En fonction des symptômes qui accompagnent la dépression, d’autres plantes pourront être conseillées : Eschscholtzia californica (insomnie),  valériane (anxiété, spasmes musculaires), aubépine (palpitations, arythmies), mélisse, passiflore (spasmes intestinaux, gastralgies), ginseng, guarana (fatigue).
Les plantes et indications citées ici de manière non exhaustive montrent l’étendue de la richesse et des possibilités de la phytothérapie, qui constitue une alternative intéressante et crédible aux médicaments de synthèse. Pour être véritablement efficace et sans danger, l’approche phytothérapeutique nécessite un suivi par un professionnel de la santé qualifié.

Pour en savoir plus

Demandez conseil à votre pharmacien. Si vous souhaitez connaître l’équilibre de vos neurotransmetteurs, demandez le test disponible auprès de votre pharmacie.

La dépression saisonnière

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La dépression saisonnière

Pour 15% à 25% d’entre nous, l’hiver est synonyme de coup de blues. Mais, pour certaines personnes, les symptômes sont plus sévères. On parle alors de dépression saisonnière, une maladie qui peut être traitée grâce à la lumière.

La particularité de la dépression saisonnière, c’est que ses symptômes surviennent toujours à la même période de l’année, entre octobre et décembre. Ils durent environ trois à quatre mois et se manifestent sous la forme d’un manque d’énergie, de tristesse, d’une grosse fatigue, d’un besoin accru de sommeil, d’une diminution des activités, de troubles de la concentration, de baisse de la libido et de fringale excessive pour des aliments riches en glucides. Avec l’arrivée du printemps, ces symptômes disparaissent progressivement.
Sous nos latitudes, la dépression saisonnière concerne 4% à 6% de la population. Les femmes sont trois à quatre fois plus touchées que les hommes et les enfants peuvent aussi en souffrir. Considérée comme une maladie, elle nécessite de consulter un médecin, seul habilité à poser un diagnostic et prescrire le traitement idoine.

Ses causes

Pour les spécialistes, le manque de lumière pendant l’hiver agirait sur l’équilibre chimique du cerveau en entraînant une variation du taux de mélatonine et une baisse d’activité du système sérotoninergique. Avec, comme conséquences, des changements au niveau de l’humeur, de l’énergie et de l’appétit.
Les études démontrent que, plus on s’éloigne de l’équateur, plus le pourcentage de dépressions saisonnières augmente, car le nombre d’heures d’ensoleillement fluctue davantage au cours de l’année. Ainsi, entre 3% et 8% de la population adulte nordique, dont une majorité de femmes, est touchée par ce type de dépression. En Alaska, où le soleil ne se lève pas du tout pendant plus d’un mois, 9% de la population en est atteinte. Le principal facteur de risque est donc de vivre dans un pays éloigné de l’équateur !

Et la lumière fut !

La dépression saisonnière résultant d’un manque de lumière, il suffit généralement de combler cette lacune pour retrouver son énergie. Une marche quotidienne de trente minutes à la lumière du jour, de préférence le matin, permet de bénéficier à la fois de la lumière et de l’activité physique qui a aussi un effet antidépresseur.
Plusieurs études confirment par ailleurs l’efficacité de la luminothérapie. Elle s’avère efficace chez environ deux patients sur trois souffrant de dépression saisonnière. Le traitement consiste à s’exposer à une lumière intense (5000 ou 10 000 lux), fournie par une lampe qui contient tous les spectres de la lumière solaire, sauf les ultraviolets. Le traitement peut aussi être suivi à domicile grâce à une rampe lumineuse ou un casque à visière portable*.
Autre forme de thérapie par la lumière : le simulateur d’aube, un réveille-matin programmé pour éclairer la chambre progressivement dès l’heure voulue et permettre ainsi un éveil plus facile.
Enfin, pour laisser le moins de place possible à la dépression, il est important de continuer à avoir des activités qui motivent et font plaisir. L’hiver a aussi ses bons côtés. Les apprécier permet de traverser la saison de manière plus agréable.

La dépression, ce tunnel sans fin

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La dépression, ce tunnel sans fin

Parmi les maladies psychiques invalidantes, la dépression est la plus répandue. Une personne sur trois risque d’en souffrir une fois au cours de sa vie. Elle reste pourtant mal connue et mal soignée, alors que des traitements efficaces existent.

Contrairement à la déprime qui décrit un sentiment de mal-être le plus souvent passager, la dépression est une vraie
maladie. Elle affecte à la fois le corps et l’esprit, mais ne se détecte ni par une radiographie ni grâce à un examen sanguin. Elle est impalpable et subjective. Les mots pour la décrire font même souvent défaut. Enfin, elle revêt différents aspects d’une personne à l’autre, ce qui la rend encore plus difficile à cerner.

Pour distinguer une dépression d’une déprime, les spécialistes se sont mis d’accord sur un certain nombre de critères. Ils suspectent une dépression lorsque les symptômes suivants sont présents toute la journée et durant deux semaines au moins.

  • Humeur dépressive et/ou diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir dans presque toutes les activités, pratiquement toute la journée et  presque tous les jours
  • Autodévalorisation, culpabilité
  • Détresse
  • Idées noires
  • Anxiété
  • Problèmes de concentration (même les tâches anodines deviennent insurmontables).

Sur le plan physiologique, la dépression peut se manifester par des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie), du comportement alimentaire (avec ou sans prise de poids). La personne se sent par ailleurs comme anesthésiée psychiquement, affectivement et physiquement.

Comme la dépression a de nombreux visages, toutes les personnes dépressives ne présentent pas l’ensemble de ces symptômes et l’intensité de ceux-ci peut varier d’un patient à l’autre. Mais, si ces signes perdurent au-delà de quinze jours, il est important de prendre rendez-vous avec son généraliste qui conseillera, le cas échéant, de consulter un psychologue ou un psychiatre. Outre le fait que c’est une maladie de longue durée, elle a un caractère récurrent dans 75 à 80% des cas et chronique dans 15 à 20% des cas, le risque de rechute augmentant après chaque épisode dépressif. Environ 15% des personnes souffrant de dépression grave se suicident et 56% tentent de mettre fin à leurs jours. Or, beaucoup ignorent que, plus la dépression est dépistée – et donc traitée – tôt, meilleur est le pronostic.

Touche qui ? Elle affecte 300 millions de personnes de par le monde, de tous les âges, de tous les milieux et de tous les styles de vie. Elle est plus fréquente chez les jeunes adultes (sept dépressifs sur dix ont moins de 45 ans) et chez les femmes (deux fois plus nombreuses), mais elle n’épargne ni les enfants ni les personnes âgées. Fréquente et en augmentation, elle peut donc frapper chacun. Pour certains experts de la santé, elle sera très probablement, dans les vingt prochaines années, la deuxième maladie du monde occidental, juste après les maladies cardiovasculaires.

Pourquoi ? Plutôt qu’une cause bien établie, c’est plutôt une combinaison de facteurs environnementaux, biochimiques, héréditaires et psychosociaux qui est, le plus souvent, à l’origine de cette maladie. Un déséquilibre de la chimie du cerveau, en particulier une baisse de la fabrication de certains neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine…), ou un mauvais passage de l’information peuvent être, en partie, responsables des dépressions. Les personnes dont des proches ont souffert de dépression sont plus susceptibles d’en être eux-mêmes victimes. D’un point de vue génétique, l’hypothèse la mieux admise aujourd’hui est que plusieurs gènes peuvent avoir une influence sur la survenue d’une dépression. Par ailleurs, si la consommation d’alcool ou de drogues associée à des médicaments peut entraîner des interactions favorisant les dépressions, il est vrai aussi que la prise excessive de ces substances peut être une tentative de masquer un état dépressif. Enfin, une chose est sûre : la dépression n’a rien à voir avec une faiblesse de caractère ni avec un manque de volonté. Secouer la personne et l’inciter à faire un effort n’a pas d’autre effet que de l’enfoncer encore plus.

Comment en sortir ? Selon l’OMS, 50% des personnes atteintes de dépression endurent de réelles souffrances psychiques et d’une atteinte importante à leur qualité de vie sans être ni diagnostiquées ni soignées. Or, des traitements contre la dépression existent. Les antidépresseurs ont démontré leur efficacité chez 75% des personnes souffrant de dépression sévère. Contrairement à la croyance populaire, ils n’entraînent pas de phénomène de dépendance ou psychique ou physique. Les thérapies cognitivo-comportementales, associées ou non à des antidépresseurs, obtiennent de bons résultats Enfin, la micronutrion et la phytothérapie ou encore l’aromathérapie offrent, elles aussi, des solutions.

Quel que soit le traitement, plus la prise en charge sera précoce et plus ce dernier sera efficace. Si vos symptômes perdurent, n’hésitez donc pas à en parler à votre médecin. Ce sera déjà un premier pas vers le mieux-être.